Tanganyika : L’UDPS se déchire autour du gouverneur Christian Kitungwa Muteba, entre frustrations et défense d’intérêts

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Tanganyika : L’UDPS se déchire autour du gouverneur Christian Kitungwa Muteba, entre frustrations et défense d’intérêts

Visé par trois motions d’interpellation et questions orales avec débat, le gouverneur du Tanganyika, Christian Kitungwa Muteba, apparaît fragilisé. Pourtant, les défis à relever pour satisfaire la population restent entiers.

Une dynamique à double visage s’installe : d’un côté, ceux qui exigent son départ anticipé ; de l’autre, ceux qui défendent sa stabilité et celle des institutions provinciales. Au cœur de cette bataille : l’UDPS, le parti présidentiel, profondément divisé.

Vendredi 8 mai, des membres issus de deux fédérations de l’UDPS au Tanganyika ont publié une déclaration de désaveu. Ils exigent le départ sans délai du gouverneur et lui demandent de démissionner. Largement relayée sur les réseaux sociaux, cette sortie a suscité de nombreuses analyses sur ses causes, la légitimité de ses signataires et le timing choisi.

Quarante-huit heures plus tard, une autre aile de l’UDPS est montée au créneau. Jouant les sapeurs-pompiers, elle a répliqué en contestant la qualité des premiers signataires et en réaffirmant son soutien au chef de l’exécutif provincial.

Entre les lignes, deux logiques s’opposent. D’abord, celle de la frustration : le premier camp regroupe majoritairement des cadres non nommés par le gouverneur. Ensuite, celle de la défense d’intérêts : le second camp rassemble des personnes occupant des postes dans les cabinets ministériels et les services d’assiette de la province.

Ces prises de position s’ajoutent à l’épisode controversé d’un groupe de femmes qui, le mercredi 6 mai, a réclamé le départ du gouverneur avant de se rétracter le lendemain. De quoi renforcer le soupçon d’une manipulation politique orchestrée par des acteurs en conflit.

Le peuple a-t-il son intérêt dans tout ça ?

La vraie question demeure : ces camps opposés travaillent-ils réellement pour l’intérêt du peuple ?

Pendant que la population du Tanganyika, et de Kalemie en particulier, fait face à des infrastructures dégradées, un pouvoir d’achat au plus bas et une insécurité persistante, les acteurs politiques s’adonnent à un jeu de ping-pong. Un jeu qui ne fait qu’aggraver le malheur du peuple.

Ce conflit menace de plonger la province dans l’incertitude, à seulement deux ans de l’entrée en fonction de Christian Kitungwa Muteba.

Plus grave : cette crise éclate alors que le Tanganyika s’apprête à accueillir la 11ᵉ édition d’Expo Béton, du 27 au 30 mai 2026, en présence annoncée du président de la République. Faut-il y voir une manœuvre pour discréditer le gouverneur et alerter indirectement le chef de l’État ? Plusieurs hypothèses évoquent une guerre larvée entre les deux têtes de l’exécutif provincial.

Face à ce dilemme, Cyrille Kimpu Awel, président de l’Assemblée provinciale, et Christian Kitungwa Muteba sont tous deux mis à l’épreuve. Le premier doit-il sacrifier le second pour sauver son fauteuil ? Cette lutte politique ressemble à un couteau à double tranchant. Rien ne garantit la stabilité institutionnelle durant cette session parlementaire de mars.

Pour rappel, Christian Kitungwa était ce candidat gouverneur sur qui reposaient tous les espoirs de relèvement de la province. Deux ans plus tard, le peuple cherche encore le gouverneur aux ambitions de développement et de transformation promises en campagne.

Mathias Makolovera

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